Alors qu’aucun Huguenin n’a vraiment atteint une célébrité internationale, plusieurs membres de la famille ont marqué la vie et l’histoire de leur région d’une manière ou d’une autre.

 


 

Jean-Pierre Huguenin:

18è siècle









 

"Le Dessinateur" de Jaquet-Droz

Un grand nombre d’Huguenin ont travaillés dans l’industrie horlogère localement dès sa création. De l’horloger spécialisé jusqu’aux agriculteurs et aux fermiers qui travaillaient à la pièce devant leur établi (table d’horloger) pendant les longs mois d’hivers pour augmenter leur revenus.  Voici quelques-uns de leurs représentants les plus connus:

 

Abram Huguenin (1702-1795) et son frère Moïse (1727-1750) de La Chaux-de-Fonds et Londres ont été appointés horlogers du roi de Prusse en 1736.  Abram a été maire de La Sagne de 1679-1795.

 

Le fils d’Abram, Louis Frédéric Huguenin (1713-1758), a été également horloger du roi de Prusse, et le fils de Louis Frédéric, Frédéric Louis (1764-1800) à été un horloger notable.

 

Le fils de Moïse, Abram Louis Huguenin (1733-1804) s’est installé à Berlin en 1765 comme directeur de la fabrique royale fondée par Frederick II à Berlin.  Lors de la faillite de l’entreprise en 1770, il alla à Courtelary dans le canton du Berne, puis en 1775 non loin de Porrentruy dans le canton du Jura. Il était à Rastatt en 1778 comme horloger du Margrave de Baden, à Bienne en 1792 et à Berlin en 1804.

 

Henri Charles Huguenin (1722-1784) a travaillé sur les automates inventés et construits par Pierre Jaquet-Droz et son fils Henri. Plusieurs de ces personnages animés ont été achetés par Ferdinand VI d’Espagne, et parmi les plus connus sont La Musicienne, une femme assise à son piano qui joue 5 mélodies, LEcrivain, représentant un enfant qui écrit une phrase jusqu’à 40 lettres et Le Dessinateur, qui dessine 3 dessins différents.

 

Parmi les autres horlogers connus, Jean-Pierre Huguenin de La Chaux-de-Fonds (1718-1786), Isaac Huguenin de La Brévine, Charles Frederick Huguenin de Philadelphie (né 1795), et Aimé Huguenin de Liverpool (né environ 1820).

 

En 1868, Fritz-Aimé Huguenin-Dezot (1845-1915), artiste-graveur, et son frère Zélim-Albert (1849-1928), graveur et guillocheur, ont fondé un petit atelier spécialisé dans la décoration des boites de montres.  Ils devinrent renommés pour leurs boites de montres argent et noir, et commencèrent à produire des médailles commémoratives.  La compagnie était prospère lorsque les fils de Fritz rejoignirent l’entreprise: George (1878-1966), devint le directeur commercial, Henri (1879-1920), l’artiste et le médailleur, et Paul (1882-1954), le directeur technique.  Graduellement, la compagnie tourna la majeur partie de sa production pour des médailles et des pièces, et l’entreprise Huguenin Médailleurs s’établit et gagna en renom.  Récemment, la compagnie a produit (entre autre) les médailles pour les forces de coalition de la guerre du Golf, et les pièces commémoratives des Jeux Olympiques de Lillehammer.  Des informations supplémentaires peuvent être récoltées sur la page de la compagnie: Huguenin & Kramer Médailleurs.

 

David Guillaume Huguenin (1765-1841) justicier et maire de La Brévine, était non seulement un horloger connu, mais également un fabricant d’instruments de précision, télescopes et microscopes.  Il a été un membre fondateur de la “Société d’Emulation Patriotique”, fondée en 1791, dont l'objectif était de promouvoir l’agriculture locale et d’encourager expérimentation et améliorations.  In 1796, David Guillaume a publié une description de La Brévine dans laquelle il se plaint que la population locale abandonne les métiers traditionnels tels que la maçonnerie et la menuiserie pour l’industrie mieux payée de l’horlogerie, forçant la région à faire appel à des travailleurs étrangers au canton.



 

























Oscar Huguenin:

auto-portrait









 

Marie de Flavigny





 

Cosima Liszt








 

T Combe


Fritz-Edouard Huguenin-Virchaux (1842-1926) est né au Locle dans une famille d’horlogers.  Il a fait un apprentissage de graveur de couvercles de montres, mais l’art était sa passion, et après un apprentissage informel chez un peintre à Genève, il devint maître de dessin dans sa ville natale. En 1869 il a épousé Jeanne Joséphine Lassauguette, une française de Orthez, et a adopté le nom professionnel de Fritz Huguenin-Lassauguette.  Il a peint fait des esquisses dans tout le canton de Neuchâtel, et il a illustré plusieurs livres.  En 1892 il a été nommé professeur de dessin dans une école de filles et lycée de Vevey, et à partir de ce moment, il a peint maint paysages du lac Léman, des Alpes et du canton du Valais. 

 

Les artistes de talent ne manquent pas dans cette branche de la famille, La fille de Fritz, Jeanne-Louise était peintre également. Son neveux, Henri-Edouard, était peintre paysager, alors que la fille d’Henri-Edouard, Marthe Henriqueta Françoise (née au Portugal) était portraitiste.

 

Un autre fils de Fritz, Paul-Daniel, (1870-1919) a été appointé directeur des Ecoles des îles Sous-le-Vent en 1896.  Sa femme Elisabeth et lui ont vécu sur l’île de Raiatea, ils apprirent la langue, et tombèrent amoureux de cet endroit exotique, que Paul esquissait et peignait avec talent.  Forcé de retourner en Suisse à cause de la maladie, Paul a publié un article Rataia la Sacrée en 1902 dans le bulletin de la Société Neuchâteloise de Géographie, et a continué sa carrière artistique à Capri et dans les montagnes du Valais.

 

Oscar Huguenin-Tenet (1842-1903) est né dans le village de La Sagne. Il est le fils d’un fervent royaliste qui a participé à l’insurrection ratée de 1856 et qui a été forcé de traverser la frontière pour trouver refuge en France.  Oscar a dessiné à la fois les soldats républicains qui avaient repoussé les royalistes, et les soldats français qu’il a vu en rendant visite à son père à Morteau.  Au cours de l’hiver 1870-71, l’armée française du Général Bourbaki a été mise en déroute par les troupes allemandes.  35,000 soldats passèrent par le Val-de-Travers, et Oscar a fait des dessins poignants de l’armée en fuite qui ont ensuite été vendus pour aider les réfugiés.

 

Le premier roman, Larmurier de Boudry, a été publié en 1885, et il devint rapidement très populaire, à la fois en Suisse et en France. Ses livres se passent généralement dans un arrière-fond romantique du 18ème siècle à Neuchâtel, et glorifie les valeurs et les traditions locales.  Ses personnages pittoresques, semblent parfois un peu stéréotypés mais recréent une ambiance de la région, qui ont permis une réédition récente de ses livres.  Oscar Huguenin a illustré ses propres livres, ainsi que les livres d’écrivains neuchâtelois tels que son cousin Louis Favre et T Combe.  Son autoportrait est exposé au Musée des Beaux-Arts à Neuchâtel et à la mairie de Boudry où il a vécu pendant plusieurs années.

 

Sophie Elisabeth Huguenin du Mitan, a épousé le comte Gratien de Flavigny  en 1768, et sa petite-fille, Marie-Catherine-Sophie de Flavigny (1805-1876) a épousé le comte Charles d’Agoult en 1827.  Malheureuse dans son mariage arrangé, elle a trouvé consolation en dirigeant son propre salon parisien, qui a été fréquenté par des artistes romantiques dont Victor Hugo, Chopin et Rossini.  En 1833 elle choque la société parisienne en quittant son mari pour vivre ouvertement avec le compositeur et pianiste Franz Liszt, dont elle a eu 3 enfants: Blandine, Cosima et Daniel.

Leur relation pris fin en 1844, et Marie entame une carrière de journaliste sous le pseudonyme de Daniel Stern.  Elle acquis un respect considérable comme commentateur politique et penseur féministe, publiant un Essai sur la liberté en 1847 que les critiques acclamèrent.  Ardente républicaine, son salon devint le lieu de rencontre de beaucoup de personnalités de la Révolution française, y compris le future premier ministre Emile Ollivier, qui épouse par la suite sa fille Blandine.  Marie a écrit plusieurs articles concernant la Révolution, des éditoriaux sur la campagne présidentielle, et des essais philosophiques.  Son oeuvre majeure, Histoire de la Révolution de 1848, en trois volumes, est un témoignage objectif et vécu de l’histoire, qui a été publié entre 1850 et 1853, et ensuite utilisé comme un travail de référence par beaucoup d’historiens.

Pendant le Second Empire, Le salon de Marie devint un centre de l’opposition libérale, et un lieu de rencontre pour les politiciens de gauche, les sociologues et les exilés étrangers.  Elle défendait les valeurs de la démocratie et de la justice sociale, mais son socialisme était tolérant et réaliste.  Elle a été l’avocate ardente d’une meilleure éducation pour les femmes, du suffrage universel, quoique rejetant tout féminisme radical et toute forme d’extrémisme. Quoique moins connue que sa compatriote George Sand, son influence politique et sociale a été considérable.

 

La fille de Franz Liszt et de Marie de Flavigny, Cosima Liszt (1837-1930) a épousé le chef d’orchestre et pianiste Hans von Bulow en 1857.  En 1864 elle le quitta pour le compositeur Richard Wagner, qu’elle épousa en 1870 à Lucerne.  L’oeuvre orchestrale de Wagner, Siegfried Idyll, était un cadeau d’anniversaire commémorant l’anniversaire de leur fils, Siegfried, dont le titre original Tribschen Idyll, rappelait le nom de leur maison à Genève. Wagner assembla et fit les répétitions en secret, et la première représentation eu lieu dans les escaliers de leur maison le matin de l’anniversaire de Cosima. Cette oeuvre était prévue uniquement pour le cercle familial, mais les pressions financières le forcère à la publier en 1877, et devint l’oeuvre la plus aimée du public.

 

Adèle Huguenin-Vuillemin (1856-1933) est née au Locle, jeune institutrice qui rêvait de devenir auteur.  Après quelques années d’enseignement au Locle assez difficiles, elle alla en Angleterre pour enseigner le français dans une famille aisée. A Londres, elle rencontra un jeune journaliste nommé E P Coomb, et après une brève romance se serait mariée par mariage civil sans publication des bans dans des conditions plutôt obscures.  Pourtant, durant leur lune de miel, Coomb la quitta brusquement, suite à la lecture d’un article dans le journal pour ne jamais revenir.  Il écrivit à Adèle, lui envoyant de l’argent, mais ne donnant aucune explication.  A la fin de sa vie, elle n’était plus sûre si son mariage était valable ou non et évita les relations romantiques.  Adèle raconte cette étrange aventure largement autobiographique dans son dernier roman, Cinq épisodes dune vie (1928).

 

Alors qu'elle était à Londres, Adèle gagna un concours littéraire organisé par l’Institut de Genève et tourna le dos à l’enseignement.  Après son retour en Suisse, Les bonnes gens du Crozet (écrit sous le pseudonyme de T Combe) fut accepté par la “Bibliothèque universelle”, magazine qui publiait des romans sous forme de feuilletons, et Adèle devint un auteur connu.  Elle publia plusieurs nouvelles et romans, tous se déroulant dans les montagnes neuchâteloises avec des gens ordinaires.  Ils eurent un succès considérable, tout comme ses histoires pour enfants. Pourtant, avec le temps, elle s’impliqua dans les problèmes sociaux de l’époque, particulièrement le droit des femmes et l’alcoolisme.  Une Croix, roman promouvant l’abstinence, est publié en 1891, et Adèle publie ensuite bien des tracts et des articles sur la tempérance, le féminisme, le pacifisme et le désarmement à côté de ses romans. Elle continua d’écrire abondamment jusqu’à sa mort en 1933.



 

    

Von Huguenin crest





    

Jean Jaques Huguenin


Jean Jaques Huguenin (1771-1833) était un ingénieur civil qui a grandement contribué au développement de sa ville natale, Le Locle.  Située dans un bassin encerclé par les montagnes, la ville avait souffert d’inondations provoquées par la rivière tout au long de son histoire. Le problème était particulièrement sérieux au Col des Roches, où la rivière disparaissait dans un emposieu.  Cet entonnoir était trop resserré pour évacuer le surplus d’eau amené par les pluies de printemps et la neige fondante, et en 1801 Jean Jaques (qui était Lieutenant Civil) a fondé une société avec 12 Loclois chargés d'organiser une souscription publique, ainsi que les travaux. Sous la direction de Jean Jaques, des mineurs ont percé une galerie de 300 m à travers les rochers du col, et l'inauguration officielle a eu lieu le 16 août 1805. Jean Jaques a voyagé en Amérique en 1807, travaillant un peu partout; avant de retourner à Neuchâtel, où il a ouvert une raffinerie de sucre. Cette expérience commerciale n’ayant pas eu le succès escompté, Jean Jaques retourna en Amérique avec sa famille en 1830 pour s’installer à Porto Rico.

 

Edouard Huguenin (1856-1926) a travaillé pour le chemin de fer du Jura neuchâtelois.  En 1879 il partit travailler pour les chemins de fer d’Anatolie,  dont il devint le directeur en 1908. Il réorganisa la compagnie selon le modèle suisse.  Il créa la ligne de Baghdad, et eu les faveurs du Sultan Abdul Hamid, qui lui conféra différents honneurs dont le titre de pacha. Celui-ci lui valut le surnom de “Huguenin-Pacha”.

 

Bélissaire Huguenin (né en 1876) devint professeur en médecine vétérinaire à l’Université de Berne en 1913.  Editeur du Schweizer Rundschau für Medizin, il publia plusieurs articles médicaux en français et en allemand.

 

Gustav Huguenin (1840-1920) a été professeur en psychiatrie à l’Université de Zürich en 1871, professeur ordinaire de pathologie et de thérapie et directeur de la clinique médicale de 1874-1883.  Il était spécialiste pour les maladies nerveuses et la tuberculose, et publia plusieurs articles médicaux.   



 

Thomas Abram Huguenin (1839-1897) est né à Beaufort, en Caroline du Sud. Il est descendant de la plus ancienne branche américaine de la famille Huguenin.  Il a été diplômé de l’Académie Militaire de Charleston en 1859, et voyagea en Europe avec l’intention de faire des études d’ingénieur civil. Pourtant, le climat politique incertain en Amérique lui fit écourter son voyage, et quand l’acte de Sécession a été passé en décembre 1860, il s’enrôla comme officier dans la 1st South Carolina Infantry.  Thomas Abram fut le dernier commandant Confédéré de Fort Sumter, et son journal de la guerre civil est accessible (en anglais) sur le site A Huguenin Family Genealogy