
Oscar Huguenin:
auto-portrait
Marie de Flavigny
Cosima Liszt
T Combe
| Fritz-Edouard Huguenin-Virchaux (1842-1926) est né au Locle dans une famille d’horlogers. Il a fait un apprentissage de graveur de couvercles de montres, mais l’art était sa passion, et après un apprentissage informel chez un peintre à Genève, il devint maître de dessin dans sa ville natale. En 1869 il a épousé Jeanne Joséphine Lassauguette, une française de Orthez, et a adopté le nom professionnel de Fritz Huguenin-Lassauguette. Il a peint fait des esquisses dans tout le canton de Neuchâtel, et il a illustré plusieurs livres. En 1892 il a été nommé professeur de dessin dans une école de filles et lycée de Vevey, et à partir de ce moment, il a peint maint paysages du lac Léman, des Alpes et du canton du Valais.
Les artistes de talent ne manquent pas dans cette branche de la famille, La fille de Fritz, Jeanne-Louise était peintre également. Son neveux, Henri-Edouard, était peintre paysager, alors que la fille d’Henri-Edouard, Marthe Henriqueta Françoise (née au Portugal) était portraitiste.
Un autre fils de Fritz, Paul-Daniel, (1870-1919) a été appointé directeur des Ecoles des îles Sous-le-Vent en 1896. Sa femme Elisabeth et lui ont vécu sur l’île de Raiatea, ils apprirent la langue, et tombèrent amoureux de cet endroit exotique, que Paul esquissait et peignait avec talent. Forcé de retourner en Suisse à cause de la maladie, Paul a publié un article Rataia la Sacrée en 1902 dans le bulletin de la Société Neuchâteloise de Géographie, et a continué sa carrière artistique à Capri et dans les montagnes du Valais.
Oscar Huguenin-Tenet (1842-1903) est né dans le village de La Sagne. Il est le fils d’un fervent royaliste qui a participé à l’insurrection ratée de 1856 et qui a été forcé de traverser la frontière pour trouver refuge en France. Oscar a dessiné à la fois les soldats républicains qui avaient repoussé les royalistes, et les soldats français qu’il a vu en rendant visite à son père à Morteau. Au cours de l’hiver 1870-71, l’armée française du Général Bourbaki a été mise en déroute par les troupes allemandes. 35,000 soldats passèrent par le Val-de-Travers, et Oscar a fait des dessins poignants de l’armée en fuite qui ont ensuite été vendus pour aider les réfugiés.
Le premier roman, L’armurier de Boudry, a été publié en 1885, et il devint rapidement très populaire, à la fois en Suisse et en France. Ses livres se passent généralement dans un arrière-fond romantique du 18ème siècle à Neuchâtel, et glorifie les valeurs et les traditions locales. Ses personnages pittoresques, semblent parfois un peu stéréotypés mais recréent une ambiance de la région, qui ont permis une réédition récente de ses livres. Oscar Huguenin a illustré ses propres livres, ainsi que les livres d’écrivains neuchâtelois tels que son cousin Louis Favre et T Combe. Son autoportrait est exposé au Musée des Beaux-Arts à Neuchâtel et à la mairie de Boudry où il a vécu pendant plusieurs années.
Sophie Elisabeth Huguenin du Mitan, a épousé le comte Gratien de Flavigny en 1768, et sa petite-fille, Marie-Catherine-Sophie de Flavigny (1805-1876) a épousé le comte Charles d’Agoult en 1827. Malheureuse dans son mariage arrangé, elle a trouvé consolation en dirigeant son propre salon parisien, qui a été fréquenté par des artistes romantiques dont Victor Hugo, Chopin et Rossini. En 1833 elle choque la société parisienne en quittant son mari pour vivre ouvertement avec le compositeur et pianiste Franz Liszt, dont elle a eu 3 enfants: Blandine, Cosima et Daniel.
Leur relation pris fin en 1844, et Marie entame une carrière de journaliste sous le pseudonyme de Daniel Stern. Elle acquis un respect considérable comme commentateur politique et penseur féministe, publiant un Essai sur la liberté en 1847 que les critiques acclamèrent. Ardente républicaine, son salon devint le lieu de rencontre de beaucoup de personnalités de la Révolution française, y compris le future premier ministre Emile Ollivier, qui épouse par la suite sa fille Blandine. Marie a écrit plusieurs articles concernant la Révolution, des éditoriaux sur la campagne présidentielle, et des essais philosophiques. Son oeuvre majeure, Histoire de la Révolution de 1848, en trois volumes, est un témoignage objectif et vécu de l’histoire, qui a été publié entre 1850 et 1853, et ensuite utilisé comme un travail de référence par beaucoup d’historiens.
Pendant le Second Empire, Le salon de Marie devint un centre de l’opposition libérale, et un lieu de rencontre pour les politiciens de gauche, les sociologues et les exilés étrangers. Elle défendait les valeurs de la démocratie et de la justice sociale, mais son socialisme était tolérant et réaliste. Elle a été l’avocate ardente d’une meilleure éducation pour les femmes, du suffrage universel, quoique rejetant tout féminisme radical et toute forme d’extrémisme. Quoique moins connue que sa compatriote George Sand, son influence politique et sociale a été considérable.
La fille de Franz Liszt et de Marie de Flavigny, Cosima Liszt (1837-1930) a épousé le chef d’orchestre et pianiste Hans von Bulow en 1857. En 1864 elle le quitta pour le compositeur Richard Wagner, qu’elle épousa en 1870 à Lucerne. L’oeuvre orchestrale de Wagner, Siegfried Idyll, était un cadeau d’anniversaire commémorant l’anniversaire de leur fils, Siegfried, dont le titre original Tribschen Idyll, rappelait le nom de leur maison à Genève. Wagner assembla et fit les répétitions en secret, et la première représentation eu lieu dans les escaliers de leur maison le matin de l’anniversaire de Cosima. Cette oeuvre était prévue uniquement pour le cercle familial, mais les pressions financières le forcère à la publier en 1877, et devint l’oeuvre la plus aimée du public.
Adèle Huguenin-Vuillemin (1856-1933) est née au Locle, jeune institutrice qui rêvait de devenir auteur. Après quelques années d’enseignement au Locle assez difficiles, elle alla en Angleterre pour enseigner le français dans une famille aisée. A Londres, elle rencontra un jeune journaliste nommé E P Coomb, et après une brève romance se serait mariée par mariage civil sans publication des bans dans des conditions plutôt obscures. Pourtant, durant leur lune de miel, Coomb la quitta brusquement, suite à la lecture d’un article dans le journal pour ne jamais revenir. Il écrivit à Adèle, lui envoyant de l’argent, mais ne donnant aucune explication. A la fin de sa vie, elle n’était plus sûre si son mariage était valable ou non et évita les relations romantiques. Adèle raconte cette étrange aventure largement autobiographique dans son dernier roman, Cinq épisodes d’une vie (1928).
Alors qu'elle était à Londres, Adèle gagna un concours littéraire organisé par l’Institut de Genève et tourna le dos à l’enseignement. Après son retour en Suisse, Les bonnes gens du Crozet (écrit sous le pseudonyme de T Combe) fut accepté par la “Bibliothèque universelle”, magazine qui publiait des romans sous forme de feuilletons, et Adèle devint un auteur connu. Elle publia plusieurs nouvelles et romans, tous se déroulant dans les montagnes neuchâteloises avec des gens ordinaires. Ils eurent un succès considérable, tout comme ses histoires pour enfants. Pourtant, avec le temps, elle s’impliqua dans les problèmes sociaux de l’époque, particulièrement le droit des femmes et l’alcoolisme. Une Croix, roman promouvant l’abstinence, est publié en 1891, et Adèle publie ensuite bien des tracts et des articles sur la tempérance, le féminisme, le pacifisme et le désarmement à côté de ses romans. Elle continua d’écrire abondamment jusqu’à sa mort en 1933. |