Notre branche Huguenin de la famille a pour lieu d'origine Le Locle, le premier lieu colonisé dans le haut du canton de Neuchâtel. Des informations plus générale sur le nom et les différentes branches de la famille peuvent être trouvées dans la page Huguenin dans la section sur les familles neuchâteloises.




 

Le point de départ de notre lignée est Vuillemin Huguenin, l'un des deux frères mentionnés avant 1423 et qui vivait dans la région du Locle, et qui étaient probablement fils ou petits-fils des serfs libérés en 1372 pour défricher et coloniser la région.  Le fils de Vuillemin, Outhenyn (ou Othenin) est décrit comme "âgé et caduque" en 1507, et qu'il prie ses fils de reconnaître ses biens à sa place.

 

En 1533, trois de ses fils avaient hérités les biens d'Outhenyn au lieu, Le Cachot, et la part de l'un d'entre eux, Otthenin, a passé à son propre fils Jaques en 1553, lorsqu'il reconnait ses biens à son seigneur, Symon de Neufchastel.  Jaques avait une maison en bois sur son terrain, et avait le droit d'avoir son propre four à pain, ce qui était un privilège à l'époque et non un droit. Le terrain a été acheté à un homme nommé Janthot Virchaulx, et le nom du propriétaire précédent semble avoir été à l'origine de cette branche de la famille Huguenin avec le suffix distinctif "Virchaux" dans les générations suivantes.

 

En 1592, les fils de "feu" Jaques ont acheté ensemble plus de terrains au Cachot, alors que l'un d'entre eux, Blayset (ou Blaise), avait déjà acheté un champ et une maison séparée pour lui-même en 1584. David, fils de Blayset,  a épousé une cousine éloignée, Anne-Marie Jeanhuguenin, et à l'inscription d'un baptême en 1655 il est décrit comme "David, fils de feu Blaise Huguenin dit Virchaud", ce qui montre que le suffix Virchaux était graduellement accepté comme faisant partie du nom de famille.

 

David et Anne-Marie ont eu deux fils, Jehan (Jean) et Daniel, nés avant 1659.  Jean et Daniel ont épousé les soeurs Susanne et Marie Jeanneret environ en 1675 et 1680 respectivement. Daniel et Marie ont eu trois enfants, y compris Jonathan, qui a été baptisé aux Ponts-de-Martel le 17 février 1689. Jonathan était un prénom peu fréquent en ce temps là, malgré la popularité de beaucoup d'autres prénoms bibliques.

 

Jonathan a épousé Madelaine Brand au Locle le 17 août 1715, le même jour que sa cousine Sara Huguenin épousait le frère de Madelaine, Daniel.  Ils ont eu cinq enfants, tous baptisés au Locle, mais Madelaine est décédée en janvier 1730, alors que son cinquième enfant avait à peine 18 mois, et Jonathan épousa Susanne Maire, une veuve, au Locle le 15 juillet 1730. Il n'y eu pas d'enfants de ce mariage, et après le décès de Susanne, Jonathan a épousé Marie-Madelaine Besançon-Perret au Locle le 7 août 1756.  Marie-Madelaine est morte aux Planchettes en 1764, suivie par Jonathan l'année suivante.

 

Le troisième enfant de Jonathan et de Madelaine, Daniel a été baptisé au Locle le 9 novembre 1721, et a épousé Madelaine Dubois en ce même lieu, le 25 novembre 1752. Ils eurent huit enfants, dont le nom de famille a été donné sans discrimination et indifféremment en de diverses occasions comme Huguenin, Huguenin-Virchaux, Huguenin-dit-Virchaux, Huguenin-Jonathan et Huguenin-Virchaux-dit-Jonathan.  Daniel est décédé au Locle en 1796, et Madelaine a épousé Henri-Louis Matthey-Henri à La Chaux-du-Milieu en 1799.  Elle est décédée à La Sagne en 1804.

 

Daniel-Henri Huguenin, le second enfant de Daniel et Madelaine, a été baptisé au Locle le 5 octobre 1755, et y a épousé Marie-Marguerite Montandon le 4 juillet 1781. Elle avait été baptisée à La Chaux-de-Fonds le 17 janvier 1762, et son grand-père maternel était un "refugié" français de Nïmes, Jean Nissole. Daniel-Henri et Marie-Marguerite eurent 11 enfants, bien que quatre soient morts pendant leur enfance. Daniel-Henri est décédé à Cornaux environ en 1813, et Marie-Marguerite est morte au Locle en 1819.

 

Leur fils cadet, Philippe-Henri Huguenin-Virchaux, est né au Locle le 7 décembre 1802, et a épousé Justine Vuille en ce même lieu le 27 avril 1833.  Justine était née à la Sagne le 1 novembre 1805, et était descendante d'une famille neuchâteloise qui avait passé quelques générations dans la vallée voisine de St-Imier dans le canton de Berne.  Philippe-Henri et Justine se sont installés à La Sagne, où leurs sept enfants sont nés.

 

Gustave Henri Huguenin-Virchaux , le second fils de Phlippe-Henri et de Justine, est né à La Sagne le 24 septembre 1835.  Il était horloger, et a épousé Elise Augustine Perrenoud à La Sagne le 28 octobre 1857.  Elise est née à La Sagne le 9 mars 1836, fille de Gustave Perrenoud et de sa femme Julie Vuille. Gustave et Elise ont eu non moins que 15 enfants entre 1859 et 1878, et quand Gustave est mort en 1883, Elise a été laissé seule avec la responsabilité d'élever et de supporter les 13 qui survécurent à l'enfance. Elle demandait une stricte discipline, et exigeait que les enfants les plus âgés aident leurs frères et soeurs plus jeunes. Un neveu d'Elise qui vivait à Neuchâtel avait le surnom de Perrenoud-la-Vipère, parce qu'il chassait les vipères et les apportaient au bureau de la commune, où il recevait 1 franc par tête - une somme significative en ce temps là. Trouvant cette addition à son revenu plus qu'intéressante, il alla jusqu'à installer un élevage clandestin de vipères derrière sa maison...

 

Le onzième enfant de Gustave et Elise, Gustave Albert Huguenin-Virchaux (connu sous le nom d'Albert), est né au Locle le 1 août 1871. Il était apprenti chez un émailleur de cadran (d'horlogerie) à Fleurier, et a trouvé son apprentissage très difficile. Il devait non seulement apprendre un métier, mais en plus, on attendait de lui qu'il aide à prendre soin des enfants de son employeur et à ce qu'il nettoie l'attelier une fois que tout le monde avait terminé de travailler. Il ne recevait pas de paie, et la nourriture était à peine suffisante, pour un adolescent affamé. Un matin, il décida qu'il en avait assez, et qu'il s'enfuirait jusque chez sa mère qui vivait au Locle. Pourtant, lorsqu'il arriva à la maison après environ 15 kilomètres et une dénivellation de 700 mètres, tout ce qu'il reçu fut une leçon de sa mère, qui le renvoya directement à Fleurier pour qu'il termine son apprentissage.  Gustave Albert a épousé Maria Emma Rüfenacht (connue comme Emma) au Locle le 29 novembre 1890.  Elle était née à Berne le 6 mars 1872, et est venue dans le canton de Neuchâtel avec sa famille alors qu'elle était encore un enfant. 

 

Emma and Albert

Albert et Emma installèrent leur foyer au Locle où les quatre premiers de ses six enfants sont nés. Comme supplément à son revenu, Albert élevait des lapins noirs, les nourrissait avec des herbes de son jardin et du cacao, ce qui apparemment produisait une viande excellente, alors que les peaux étaient vendues pour faire des fourrures. Emma appartenait à l'Armée du Salut, et avait une grande foi qui se montrait par des encouragements et une aide pratique à ses amis et à ses voisins en difficulté, malgré les moyens limités du couple. Elle était également politiquement consciente et essayait de persuader ses voisins de voter socialiste. Quand certains voisins remarquaient que les femmes n'avaient pas le droit de vote, Emma répliquait qu'elle avait cinq votes: son mari et ses quatre fils!

 

Gustave Henri Huguenin-Virchaux (connu comme Henri), cinquième enfant d'Albert et Emma, est né à La Chaux-de-Fonds le 19 février 1898. Il brûla sa main gravement avec un potager à bois à l'âge de 3 ans, lui laissant trois doigts inutilisables à sa main gauche, mais cet handicap ne l'a jamais empêché de rien faire qu'il désirait faire. Quand il a atteint l'âge de son premier service militaire, il a caché sa main à l'officier recruteur, et a aisément passé tous les tests physiques désignés à écartés ceux qui ne sont pas apte au service armé.  Quand l'officier lui a dit qu'il était apte au service, Henri lui a montré sa main, et a été instantanément écarté du service.  Henri a conçu et construit maint de ses propres outils pour travailler comme horloger complet.

 

Henri à passé sa jeunesse à La Chaux-de-Fonds, où avec d'autres jeunes, il a construit un tremplin de neige pour sauter par dessus la ligne du train à vapeur des Chemins de Fer Jurassiens passant au dessus, utilisant des douves de tonneaux comme skis. Les travailleurs des chemins de fer détruisaient régulièrement les rampes mais tout aussi fréquemment les enfants les reconstruisaient. La ligne existe encore bien que les trains soient maintenant électriques.

 

Henri a épousé Albertine Jeanne Tüller à Fleurier le 7 mai 1920.  Quoiqu'elle aie été connue enfant sous son premier prénom, Henri lui a demandé d'utiliser son second prénom, qu'il aimait beaucoup, au lieu d'Albertine, qu'il n"aimait pas. Dès ce moment, elle a toujours utilisé "Jeanne". 

 

Au début de leur mariage, Henri a travaillé à la fabrique de papier à St-Sulpice, où il a échappé de peu à un très sérieux accident.  Il travaillait depuis plusieurs jours avec une scie actionnée par le courant de la rivière et découpant des troncs d'arbres. La scie semblait en mauvais état, et Henri le montra à son emplyeur qui refusa d'écouter. En voyant cela, Henri décida de quitter son travail, et seulement une semaine plus tard, son remplaçant à été tué dans un terrible accident.

 

Avec sa femme, Jeanne, Henri a quitté Fleurier pour déménager au Val-de-Ruz, parce que la brume semblait causer une bronchite chronique persistante à leur fille Agnès. Ils allèrent tout d'abord à Boudeviliers, où le couple a tenu une épicerie, alors qu'Henri travaillait également comme facteur. Malheureusement, en ce temps de dépression économique, Jeanne avait trop bon coeur pour refuser crédit aux maintes familles qui trouvaient difficile de joindre les deux bouts, et ainsi l'épicerie fut abandonnée, manquant de suffisament de clients solvables.

 

Ils ont alors déménagé à Cernier, où ils ont été concierges à l'école d'agriculture. Le grain souffrait des ravages des souris, et Henri a eu l'idée de placer une plaque de métal sur le sol de la grange, et de la connecter au courant électrique. Quelques souris ont été tuées, mais il devint bientôt clair que les autres atteignaient encore le grain. Henri et l'un des professeurs décidèrent de monter la garde pour voir comment elles faisaient celà, et furent ébahis de voir que les animaux traversaient le métal électrifié sur la pointe de leurs griffes, comme un homme sur la pointe des pieds. Après cela, Henri abandonna la manière scientifique pour adopter une carabine!

 

Henri Huguenin

(au chalumeau)


La famille se rappellera encore longtemps un accident qu'Henri a eu pendant la guerre. A ce moment là il travaillait pour un ferrailleur recyclant du vieux métal, car la Suisse n'a pas de sources de minerais et était coupée des ressources extérieures. Henri avait à utiliser un chalumeau pour découper une grande roue de métal qui avait fourni de la puissance hydro-électrique à une fabrique de macaroni à Noiraigue.  Les conditions de travail pour Henri et ses deux collègues étaient extrèmement difficiles, et alors qu'Henri travaillait au pied de la roue, un moufle (palan de 35kg) lui est tombé sur la tête. Il est tombé inconscient, et ses collègues, le croyant mort et effrayés d'être blâmé, ont paniqués et s'enfuirent avec le camion de la companie sans le dire à personne. Henri souffrait d'une double fraccture à la base du crâne, et quand il repris conscience, il réussit à tituber jusqu'à la gare et à prendre un train jusque chez lui, se promenant comme un homme ivre. Quand le docteur l'examina, il lui dit que la double fracture l'avait probablement sauvé, diminuant la force du coup et la redirigeant à l'extérieur.

Le docteur d'Henri a eu maintes autres occasions de voir l'un de ses patients favoris. En une occasion, Henri travaillait à récupérer du métal sur les berges de la rivière "La Serrière" quand son échelle à été balayée par le courant, et Henri fit le plongeon.  Heureusement sa progression fut stoppée par la grille de métal qui protège les turbines de la fabrique du chocolat Suchard à Neuchâtel.....

 

Henri a aussi travaillé comme électricien, ingénieur du téléphone, facteur. Son métier principal était... horloger complet.  Il jouait du trombone et du cor dans la fanafare de la Croix-Bleue à Neuchâtel, n'ayant jamais bu d'alcool, étant tempérant tout comme ses parents.

 

Plus tard dans sa vie, il s'est adonné à des passe-temps plus paisibles, comme le jardinage, et les puzzles de 1,500 à 5,000 pièces. Il est décédé à Neuchâtel en 1976.

 

Jeanne a travaillé comme couturière pendant de nombreuses années, retant jeune d'esprit, et toujours à la mode. Elle à eu des clientes jusqu'à la fin de sa vie, et elle a fait une robe de mariée pour la fiancée de son petit-fils à l'âge de 90 ans malgé sa vue déclinante.

 

Jeanne disait, "ll est mieux de mourir le soir, parce qu'on apprend quelque chose de nouveau chaque jour." Elle est décédée d'un cancer du poumon à l'Hôpital Pourtalès, à Neuchâtel en 1986, disant "Une étoile s'éteint; une nouvelle étoile se met à briller," car son arrière petite-fille est née alors qu'elle était à l'hôpital.

 

 

Henri et Jeanne sont les grand-parents maternels de Jean-Marc.


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